Sarah Zouak, jeune franco-marocaine de 27 ans, diplômée d’une école de commerce, mais non épanouie, entame un second master en relations internationales avec comme mémoire «le féminisme au Maroc ». Aujourd’hui, elle est une des figures de la protection des droits des femmes, notamment musulmanes. 

Le documentaire comme moyen d’expression

Elle ne se revendique ni comme journaliste ni comme sociologue, sa démarche est plus profonde. Elle réalise le Women SenseTour : documentaire pour lequel, elle et son équipe se sont rendus dans cinq pays musulmans (Tunisie, Turquie, Indonésie, Iran et Maroc) et ont interviewé ces femmes musulmanes actrices du changement. Mais Sarah Zouak ne se contente pas de passer quelques heures avec celles-ci. Elle les côtoie des journées entières, dans le but de mieux les cerner, les comprendre, et d’en montrer un autre visage que celui de la soumission — sans cesse mis en avant en France. Par ses différents courts métrages, Sarah Zouak part à la recherche de modèles, ceux auxquels elle aurait voulu s’identifier étant plus jeune. Enfin, elle montre que l’identité musulmane est une identité  parmi tant d’autres, et ne doit donc pas être mise de côté. La femme musulmane ne forme pas un tout, elle n’est pas singulière, mais plurielle.

« Le  Women SenseTour naît d’un besoin de passer par l’humain. Les statistiques et études en tout genre, j’en avais marre. Il est nécessaire de montrer ces femmes musulmanes qui font évoluer les choses et d’aller à leur rencontre. » 

Et maintenant, en Occident

En mai 2016, à son retour en France, elle lance l’association Lallab avec son amie documentariste Justine Devillaine. Une association qui se revendique d’un nouveau féminisme qu’elles appellent « féminisme inclusif et intersectionnel ». Cette association représente l’institutionnalisation de son combat. De nouveau, Sarah Zouak permet aux femmes de confession musulmane (mais cette fois-ci occidentales) de s’exprimer.

« Je n’en peux plus de Manuel Valls et sa « Marianne au sein nu ». À cause des politiques qui ont rendu banale la parole raciste, les gens trouvent ça normal. C’est alors qu’on se retrouve avec des scènes de femmes discriminées dans des restaurants. »

Enfin, Lallab, c’est des campagnes de sensibilisation en milieu scolaire, des projections, des récits de vie, mais aussi un web magazine qui évoque différents sujets comme la culture, la religion et aborde également l’actualité. Grâce à ses bénévoles motivés, Lallab ne peut donc que s’agrandir.

Retrouvez toutes les informations sur http://www.lallab.org/ mais aussi l’agenda des projections sur http://www.lallab.org/agenda/