Hanne Gaby Odiele, top model belge de 28 ans, est née intersexuée, c’est-à-dire avec des organes génitaux difficiles ou impossibles à définir comme mâles ou femelles. Début 2017, elle a décidé d’utiliser sa célébrité pour révéler son intersexualité, et de briser un tabou dans la foulée. 

Hanne Gaby naît en 1988 à Courtrai (Belgique) avec des testicules internes, sans utérus ni ovaires, à cause d’un syndrome d’insensibilité aux androgènes (les hormones qui stimulent et contrôlent le développement et le maintien des caractéristiques mâles). À l’âge de 10 ans, la jeune femme subit une opération pour enlever ses testicules, les médecins ayant peur qu’elle développe un cancer. Lorsqu’elle atteint sa majorité, elle se fait reconstruire le vagin. Peu de temps après, elle est repérée par un agent de la prestigieuse agence belge Dominique Models, lors du festival Navarock.

Aujourd’hui habituée des podiums, la mannequin a déjà eu l’occasion de travailler pour de grandes maisons telles que Marc Jacobs, Chanel ou encore Prada. Mais les 2 interventions chirurgicales qu’elle a subies plus jeune l’affectent encore actuellement, raison qui la pousse à sortir du silence en janvier 2017.

Une campagne pour empêcher les chirurgies inutiles

À travers sa campagne avec interACT Advocates for Intersex Youth, Hanne Gaby lutte pour qu’on laisse le choix aux enfants de suivre ou non ce lourd traitement médical qu’elle a subi. Elle veut surtout décourager les parents d’avoir recours à une chirurgie inutile, pour faire apparaître leur enfant « plus masculin » ou « plus féminin ». La pratique correspondrait davantage à une peur des corps intersexués plutôt qu’à un besoin médical urgent, selon la Courtraisienne. Elle rappelle également que l’intersexualité est moins difficile à vivre que ce qu’on ne peut penser.

Il faut savoir que la proportion de personnes concernées par cette situation est similaire à celle des roux : elle concerne près de 2% de la population. « Il est temps pour les personnes intersexuées de sortir de l’ombre, d’affirmer notre statut, de laisser la honte derrière nous et de nous exprimer »

« Je suis fière d’être intersexuée, mais très en colère que ces opérations se produisent encore »

En décembre 2016, le premier certificat de naissance américain avec pour genre « intersexuel » a été publié à New York.