Âgé de 21 ans, c’est de ses seules mains que Brackley Cassinga a appris à construire des appareils électroniques à partir de composants recyclés. Le garçon compte ainsi des dizaines d’appareils à son actif. Zoom sur le jeune autodidacte congolais.

« J’ai besoin de deux heures pour faire un amplificateur » raconte Brackley Cassinga, le petit prodige de Bukavu (République Démocratique du Congo). C’est dans la volonté de suppléer sa maman suite aux déplacements récurrents de son père à Lubumbashi que Brackley commence à bricoler dès l’âge de onze ans. Suite à un autoapprentissage express, il se met très vite à construire des lampes à piles à partir de récupérations dans les poubelles de Bukavu. Des lampes qu’il met ensuite à disposition de la communauté : “ Ici, beaucoup de foyers n’ont pas accès à l’électricité. J’ai donc installé des lampes à pile chez les gens pour qu’ils aient un peu de lumière. ”

De nouvelles perspectives s’offrent à lui à l’âge de quatorze ans lorsqu’il reçoit un livre d’électronique lors d’une visite chez son oncle. Il peut désormais construire des émetteurs radio. Son premier essai ne dépasse pas les cinquante mètres d’émission de signaux, mais grâce à sa persévérance et sa détermination, il dépasse les obstacles et pousse la portée à un kilomètre.

« J’ai besoin de deux heures pour faire un amplificateur.(…) Parfois, je veux créer des appareils plus conséquents, mais je n’ai pas le matériel. Du coup, nous incitons les habitants de la ville à nous donner leurs radios et chargeurs qui ne fonctionnent plus. »

S’en suivent des conceptions toutes aussi impressionnantes les unes que les autres : amplificateurs audio, panneaux solaires, ou encore des chargeurs pour ne citer que cela. A 18 ans, Cassinga décide de créer le collectif Kwanza Technologies, un groupe d’ingénieurs en informatique et électronique qui travaille à la fabrication de divers objets et les redistribue gratuitement aux personnes dans le besoin.

Le parcours du jeune homme est d’autant plus incroyable que Brackley a tout appris tout seul et sans aucune formation. Ce qu’il a fait jusqu’ici, il ne le doit qu’à lui même:

“J’aurais aimé qu’il y ait quelqu’un pour m’apprendre, mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un s’y connaissant vraiment en électronique. J’apprenais donc tout par moi-même, je m’amusais à faire des petites expériences et observer le résultat.”

Un autodidacte et professeur bénévole !

Altruiste, le jeune homme aide, partage, met ses savoirs au service des autres. Ainsi il offre vingt régulateurs de tension à des particuliers, met au point les sites Internet de vingt-cinq entreprises locales et aide diverses personnes à développer leurs projets en mettant au point des plateformes de crowdfunding.

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À côté de cela, le jeune homme donne également des cours d’électronique et de codage dans son salon aux plus jeunes. Il souhaite de cette manière développer sa communauté:  « Tous les enfants à partir de 12 ans peuvent participer. Ils viennent après l’école ou pendant les vacances, de 6 h à 14 h. D’abord, je leur apprends à connaître les composants électroniques de base et à comprendre à quoi ils servent. Puis, dans un second temps, je leur enseigne le codage et le développement pour les téléphones mobiles. Je donne mes cours gratuitement. Je suis persuadé que si je partage ce que je sais, cela pourra aider ma communauté à se développer. Les idées doivent être partagées ! »

L’avenir…

Manquant de matériel et de soutien, le jeune congolais reste cependant ambitieux. Fin 2016, il terminait le prototype d’une lampe solaire conçue à partir d’une batterie de voiture. Mais il souhaite aller encore plus loin en construisant une série de machines à partir d’énergie verte. Plus tard, il espère intégrer une université aux États-Unis afin de suivre un cursus sur l’électronique. Cela lui permettra ensuite de revenir en République Démocratique du Congo afin de continuer à servir la communauté et former les plus jeunes.

Références:
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