Alors que l’IBSR (Institut belge pour la sécurité routière) indique que près d’un accident de bus sur cinq implique un piéton, la jeune Theutoise Aurélie Guillet a imaginé un bus intelligent. Un concept désormais breveté qui permet de détecter les piétons traversant devant ou derrière un bus. La jeune ingénieure civile nous ouvre ses portes pour parler de son projet.

L’idée de créer ce projet de « bus intelligent » lui est venue lorsqu’elle avait à peine 17 ans, lors d’un trajet en voiture avec sa maman : « Ma mère a failli renverser un piéton qui traversait derrière un bus. Heureusement cette fois-ci, elle a pu freiner au dernier moment ». A l’époque, Aurélie n’a pas encore son permis, mais cette situation la lance sur une piste : « Comme je participais aux expos science et que j’aime beaucoup les innovations, j’ai décidé de présenter ce projet-ci ».

Plan 2     Plan 3

Son idée consiste en la sécurisation des piétons qui sont cachés par les bus : « Le système avertit les conducteurs en voiture qui, en passant à côté du bus (pour le doubler par exemple) ne voient pas les piétons traversant devant ou derrière. Le signal lumineux clignotant, placé sur le flanc latéral du bus, indique au conducteur la zone de danger, afin qu’il puisse freiner à temps ».

Grâce à son projet, elle souhaite sauver des vies, mais elle met en faute la lenteur administrative qui empêche en partie l’évolution de son projet : « C’est extrêmement difficile de développer un projet de ce genre — quel que soit notre âge — parce qu’il y a énormément de barrières au niveau administratif, c’est un vrai casse-tête. Cela représente d’ailleurs 95% du travail, après avoir mis l’idée sur papier, déposé le brevet, et créé le prototype ».

À force d’avoir des règles trop restrictives, ça a tendance à vraiment immobiliser le changement

Clignotant busCe n’est d’ailleurs pas le seul frein auquel la demoiselle fait face : « La législation empêche que quelque chose dépasse de 5cm d’un bus, c’est formellement interdit. Il faudrait donc une directive, une dérogation ministérielle, alors qu’il ne s’agit que d’un simple objet clignotant, situé en hauteur, non-coupant et en plastique. À force d’avoir des règles trop restrictives, ça a tendance à vraiment immobiliser le changement ». Ce genre de situations contribue, selon elle, à bloquer les éventuelles futures innovations.

A ce jour, la Theutoise prend contact avec différentes entreprises de fabrication de bus, pour tenter de les convaincre d’adopter son invention. « Notre partenaire Keolis nous a permis de mettre en place un prototype » explique Aurélie. Doucement mais sûrement, son projet avance et se concrétise : « Une fois que j’aurais un constructeur à mes côtés, j’aurais beaucoup plus de poids pour passer les étapes qui peuvent bloquent un jeune de 17 ans ». 

Aurélie Guillet en 3 questions

Aurélie Guillet

Quel est ton parcours ?

J’ai commencé à l’Athénée de Spa. J’ai fait des études d’ingénieur civil que j’ai fini l’année dernière. Je travaille maintenant dans le domaine des réseaux gaziers, chez Air Liquide. On s’occupe de la gestion des réseaux hydrogène, azote, oxygène sur tout le Benelux et on travaille avec Anvers, notamment.

Être jeune c’est… ?

A la fois un avantage et un frein : un avantage parce que les adultes sont intrigués de te rencontrer. C’est souvent un peu hors du commun qu’un jeune présente des projets. Mais c’est à double tranchant car les partenaires ne te prennent pas toujours au sérieux. Jeune ou pas, ce genre de projets c’est parfois « un pas en avant, deux pas en arrière » mais on finit toujours par avancer

Qui t’a aidé dans ton projet ?

Je voudrais souligner le soutien de ma famille, et ma maman essentiellement, qui m’a beaucoup épaulée pour m’amener jusqu’ici. Elle est partie prenante dans le projet et c’est très important de s’entourer quand on fait quelque chose comme ça.